IL FRANTOIO DEI PLACIDA FRANCESE
LE MOULIN À HUILE PLACIDA
Dans le silence du Moulin Placida à Sellìa vit encore l'âme d'une communauté, où le travail des champs rencontrait le miracle de l'électricité pour transformer le sacrifice des paysans en pur or liquide.
Il y a des lieux que le temps semble avoir oubliés, gardiens silencieux d'une mémoire qui risque de s'effacer, mais qui aujourd'hui à Sellìa nous ouvrent les portes de l'un des secrets les plus précieux de notre village. Le Moulin à huile Placida racontait, et raconte encore, la vie profonde de la communauté de Sellìa : autrefois ces pièces vibraient d'activité et de pas, avec des paysans qui y arrivaient fatigués après de longues journées de travail dans les champs, mais profondément fiers de pouvoir verser leur récolte dans les grandes cuves numérotées, appelées « olivare », où chaque numéro représentait un signe distinctif de reconnaissance et de protection pour défendre le fruit de toute une année de labeur et de sacrifices. Lorsque venait leur tour, le processus de transformation prenait vie et les olives glissaient à travers une ouverture pratiquée dans le sol, descendant directement vers le cœur opérationnel du moulin où s'opérait la magie de la métamorphose. Cet édifice a représenté un tournant fondamental pour l'histoire locale, ayant été l'un des premiers moulins à alimentation électrique du village, et l'on peut encore imaginer le grondement sourd et imposant des énormes meules en pierre qui se mettaient en marche pour concasser les fruits. Une fois la pâte d'olive obtenue, celle-ci était soigneusement disposée à l'intérieur des scourtins traditionnels en sparterie, superposés et placés sous la structure des grandes presses où, sous une pression puissante et constante, s'accomplissait le miracle de l'extraction, laissant s'écouler un flux abondant composé d'huile et d'eau de végétation vers les cuves de décantation. Dans ces dernières, grâce au principe naturel de la remontée à la surface, l'huile, plus légère que l'eau, montait progressivement pour être recueillie dans toute sa pureté. Aujourd'hui le silence règne dans ces espaces, mais il suffit de s'arrêter un instant pour percevoir encore le parfum intense de l'huile fraîchement pressée et réécouter l'écho vivant d'une communauté qui, autour de ces pierres et de ces machines, rassemblait et écrivait son histoire.
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