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MUSÉE DE LA BANDE DESSINÉE DE SELLIA

Là où les nuages touchent la pierre : le refuge des rêves de Sellia

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Perché dans les collines de la région de Catanzaro, là où le vent de la Presila porte le parfum de l'histoire, le bourg médiéval de Sellia garde un secret aux senteurs de papier et de nostalgie. Entre les ruelles anciennes et le silence régénérant de la pierre s'ouvre un espace presque magique : le Musée de la Bande dessinée, un sanctuaire de l'imagination capable d'arrêter le temps et de rendre à quiconque y pénètre le regard émerveillé de l'enfance.

Ce lieu cher au cœur est né de l'amour sans limites et des recherches inlassables de Pierluigi Bonizzi qui, volume après volume, a rassemblé, conservé et finalement offert à la communauté un trésor inestimable d'environ 16 000 ouvrages. Franchir le seuil de ces salles signifie entreprendre un voyage intime dans la mémoire collective. C'est le frisson de feuilleter les pages d'époque de légendes comme Tex, Dylan Dog ou Martin Mystère, ou de découvrir d'authentiques perles historiques telles que les premières années d'Il Corriere dei Piccoli au début du XXe siècle et les rarissimes numéros d'époque de Topolino et Diabolik, aux côtés des chefs-d'œuvre de la bande dessinée d'auteur signés par des maîtres comme Hugo Pratt.

De petites et précieuses anecdotes se cachent derrière ces murs. On raconte que Bonizzi a retrouvé et sauvé nombre de ces volumes un par un, les arrachant à l'oubli dans des marchés délaissés avant de les cataloguer minutieusement à la main. Dans les vitrines du musée, on peut également apercevoir les traces laissées par de grands dessinateurs de passage : planches originales et dédicaces tracées spontanément à l'encre sur les murs et sur le papier, laissées en guise de remerciement par des artistes de renommée internationale séduits par ce lieu hors du temps.

Entre un album de Nathan Never, les mangas japonais et les grands classiques américains, le musée révèle son âme la plus profonde dans ses salles de lecture. S'y asseoir, peut-être dans la pièce qui s'ouvre sur une vue époustouflante du paysage calabrais, est un acte de pure poésie : c'est s'offrir le privilège du temps. Dans le silence enveloppant du bourg, une histoire entre les mains et l'infini devant les yeux, on se découvre encore capable de rêver, une case après l'autre.

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